Patrimoines en résistance

© Numérisation de la vieille ville de Mossoul, Irak, 2018 © Iconem, UNESCO

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Patrimoines en résistance

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### Patrimoines en résistance - De Tombouctou à Odessa

L’exposition réunit un ensemble exceptionnel de documents graphiques, d'oeuvres d’art contemporaines et de répliques numériques des sites perdus. À la manière d’un grand reportage, l’ensemble tisse un récit documenté, visuel et sensible, où se croisent les regards des acteurs et témoins, des architectes et des artistes.

De Tombouctou à Odessa, de Bâmiyân à Gaza, les conflits armés font du patrimoine une cible privilégiée. Face à ces destructions, l’exposition Patrimoines en résistance interroge les gestes d’effacement, mais aussi les formes de résistance et de réparation qui permettent de penser l’avenir à partir des ruines.

En 2012, la destruction des mausolées de Tombouctou, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, marque un tournant historique : pour la première fois, l’anéantissement volontaire de monuments culturels est qualifié de crime de guerre par la Cour pénale internationale. Une mobilisation internationale sans précédent s’engage alors pour reconstruire les sites détruits, en s’appuyant sur les fouilles archéologiques et la mémoire des artisans maliens.

Si la guerre a toujours entraîné des destructions, le début du XXIᵉ siècle révèle une intensification et une systématisation des atteintes portées au patrimoine culturel et naturel. L’exposition met en lumière cette réalité contemporaine et pose une question essentielle : comment la guerre révèle-t-elle ce qui est irrémédiablement perdu, tout en faisant émerger les gestes de résistance qui rendent possible une réparation future ?

À travers un ensemble remarquable de cartes, textes, maquettes, photographies, vidéos, œuvres contemporaines et répliques numériques réalisées par Iconem, l’exposition propose un parcours en trois séquences. Conçue comme un grand reportage, elle tisse un récit documenté, visuel et sensible, croisant les regards d’architectes, d’artistes, de chercheurs, d’acteurs de terrain et de témoins.

L'exposition, en mettant à distance le tumulte du monde, offre au visiteur un temps de réflexion indispensable face au flot d'informations en continu.

EffacerLa destruction du patrimoine prend aujourd’hui des formes multiples : dynamitage de sites emblématiques, bombardement massif de villes, abandon délibéré de territoires, pillage et trafic de biens culturels. Cet effacement touche aussi les patrimoines ordinaires et immatériels, à travers les déplacements de populations, le « nettoyage culturel », l’urbicide, le ruricide ou l’écocide. Loin de l’image d’une guerre « propre », ces pratiques révèlent l’ampleur des violences infligées aux lieux et aux sociétés.

RésisterFace à l’effacement, des formes de résistance émergent. Aux côtés des grandes institutions internationales, ONG, associations, collectifs de citoyens, d’architectes et de chercheurs agissent pour protéger, documenter et transmettre le patrimoine menacé. Sur les terrains de conflit, chaque geste du quotidien, chaque récit, devient un acte de résistance, contribuant à préserver la mémoire et à soutenir la survie physique et psychologique des populations.

RéparerAu XXIᵉ siècle, la réparation post-conflit dépasse la seule reconstruction matérielle. Elle engage une approche globale, attentive aux territoires, aux corps et aux esprits. Réparer, c’est aussi « refaire société », reconstruire des liens, transmettre des savoirs et inscrire la mémoire au cœur des processus de renaissance. Le patrimoine devient alors un levier essentiel pour penser un avenir commun, en continuité avec le passé et le vivant.

Cette exposition traite de zones de conflit et présente des œuvres susceptibles de choquer les personnes sensibles et les enfants de moins de 12 ans.

Avec le soutien de :

Programme et rendez-vous publics autour de l'exposition Patrimoines en résistance, de Tombouctou à OdessaLes projections, conférences et tables rondes organisées à la Cité autour de l’exposition «Patrimoines en résistance » visent à favoriser les échanges et la pluralité des points de vue. Les opinions exprimées à cette occasion le sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient être interprétées comme reflétant la position de la Cité ou de ses partenaires.

Des visites guidées de l’exposition sont organisées à partir du 31 mai puis toutes les deux semaines ainsi que des rencontre relais du champ social/ handicap : 27 mai, 10 juin, 23 septembre

Pour les publics individuels, un document d’aide à la visite en français et anglais, un Kit sensoriel pour une expérience de visite apaisée et un Livret FALC sont disponibles.

🔗 Informations et inscription

Auditorium de la Cité, 19h

Depuis le XVIIIe siècle, le patrimoine culturel est devenu une préoccupation au cœur de la diplomatie internationale. Pour en analyser les développements contemporains, plusieurs acteurs impliqués sont invités : l’Unesco, l’Aliph, la Délégation au patrimoine de l’armée de terre française (Delpat).

Avec : Vianney Basse (Aliph),  général de brigade Philippe Debesse (Délégation au patrimoine de l’armée de terre), Léonie Evers (Unesco), Vincent Negri (ENS-Saclay). Modération par Mathilde Leloup, co-commissaire de l’exposition

🔗 Informations et inscription

Face aux destructions causées par la guerre, comment réussir à défendre une réparation attentive au patrimoine culturel et naturel, respectueuse des savoir-faire locaux, ainsi que des liens sociaux ?

Avec : Howayda Al-Harithy (Beyrouth), Oleh Drozdov (Lviv), Alessandra Gola et AbdalRahman Kittana, The Yalla Project (Naplouse). Modération par Elisabeth Essaïan, co-commissaire de l’exposition

Comment et à partir de quelles sources, méthodes et techniques, documenter la nature et l’ampleur des destructions ? Dans quelle mesure les représentations visuelles permettent-elles d’en prendre conscience et contribuent à la protection et la réparation du patrimoine ?

Avec : Martin Duplantier (Martin Duplantier Architectes, Paris), Benoit Martin (Sciences Po, Paris), Sipana Tchakerian (Inha, Paris), Yves Ubelmann (Iconem, Paris). Modération par Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup

Clôture du colloque, Des conflits géopolitiques aux écoles d’architecture, avec l’Ensa de Paris-Malaquais

Là où les conflits éclatent, les écoles s’adaptent. L’enseignement s’adapte, se déplace, disparaît ou renaît sous la pression de l’histoire. Trois invités reviennent sur ces épisodes pour rendre compte des pédagogies et des cadres d’enseignement dans des villes en tension.

Avec : René Elter (programme Intiqal, Gaza), Amra Hadzimuhamedovic (Center for Cultural Heritage, Sarajevo), Myriam Radhouane (université de Genève). Modération par Stéphanie Dadour et Mazen Haïdar

Du temps de l’événement au temps de l’Histoire, à quel moment un artiste se saisit-il des faits, comme de son expérience de la guerre, pour élaborer une œuvre ? Dans l’immédiat comme dans le différé la nécessité de créer s’impose-t-elle autant pour résister à l’effacement que pour opérer une sorte de résilience ?

Avec : Najah Albukaï (Paris), Emeric Lhuisset (Paris), Kateryna Lisovenko (Vienne), Eraste Muthangi (République démocratique du Congo). Modération par Anne-Charlotte Depincé, artiste, maître de conférence à l’Ensa de Paris-Belleville

Auditorium de la Cité, 19h

Avec Salma Samar Damluji, architecte, Londres

Avec Iryna Matsevko, historienne et directrice de la Kharkiv School of Architecture (KhSA)

Auditorium de la Cité

Avec Barbara Cassin, philologue, Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste, et Yves Ubelmann, architecte, président et fondateur de la société Iconem. Modération par Isabelle Regnier, journaliste au Monde.

🔗 Informations et inscription

Auditorium de la Cité, 19h

Cycle conçu par Hervé Bougon, programmateur pour le festival War on Screen, Châlons-en-Champagne, et co-fondateur du Festival Close-up, en lien avec les commissaires de l’exposition.

Réalisé par Oksana Karpovych, Canada, France, Ukraine, Hutong Productions, Arte, 2024, 1h33Des Ukrainiens tentent de vivre malgré l’invasion de leur pays tandis que des soldats russes se confient à leurs familles par des conversations interceptées.Invitées : Charlotte Tourrès, monteuse du film et Oksana Karpovych, réalisatrice (sous réserve)

🔗 Informations et inscription

Réalisé par Françoise Poulin-Jacob, France, Lardux Films, 2010, 52 minutesUne invitation au(x) voyage(s) dans la ville du Havre, retraçant une traversée dans le temps, dans la ville, dans l’enfance, avec pour guide, la voix de Dominique Reymond.Invités : Guy Lambert, historien de l’architecture et maître de conférences en Histoire et culture architecturales à l’ENSA de Paris-Belleville

Réalisé par Basel Adra, Hamdan Ballal, Yuval Abraham, Palestine, Norvège, L’atelier Distribution, 2024, 1h35 Basel Adra, un activiste palestinien en Cisjordanie, filme l’expulsion de sa communauté par l'occupation israélienne et rencontre Yuval, un journaliste israélien, qui le soutient dans ses démarches. Une amitié inattendue voit le jour.

Réalisé par Lana Daher, Liban, France, Allemagne, Qatar, Les films de Force Majeur, My Little Films, Wood Water, Lightbox, 2025, 1h15Une lettre d'amour à Beyrouth qui explore la psyché collective libanaise, marquée par la joie et l'intimité, la destruction et la perte. Le film reconstitue l'histoire fragmentée d'un pays dépourvu d'archives nationales, célébrant la création comme un moyen de préserver la mémoire.Invitées : Lana Daher, réalisatrice. Lina Ghotmeh, architecte (sous réserve)

Un film en chantier de Maxime Faure, avec Bögdana Kosmina. France, Kepler22Alors que la mémoire de son pays est menacée par la guerre, la mission de Bögdana devient évidente : mettre à l’abri des bombardements tout ce qu’elle peut sauver et faire connaître au monde. De Paris à Vienne, de Kyïv à Venise, Bögdana parcourt l’Europe, et prend à chaque nouvelle étape la mesure de sa propre place.Invités : Bogdana Kosmina, architecte et Maxime Faure, réalisateur.

Bogdana Kosmina est architecte et curatrice du pavillon ukrainien à la Biennale de Venise en 2025.

Festival War on Screen, octobre 2026, à Châlons-en-ChampagneFestival Close-up, Île-de-France, novembre 2026, à l’auditorium de la Cité

Au sein des collections permanentes en écho à l’exposition.

Auditorium de la Cité, toute la journée, entrée libre

En partenariat avec l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais-PSL

En lien avec l’exposition « Patrimoines en résistance », les participants conçoivent un mémorial éphémère et démontable dédié à un patrimoine détruit par un conflit contemporain, symboliquement implanté sur le parvis des Droits-de-l'Homme au Trocadéro.

Encadré par l’architecte Bita Azimi, l’atelier Faber, le photographe Giame Meloni et les commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, cet atelier propose une approche transdisciplinaire mêlant recherche, conception et narration. Il interroge le rôle de l’architecture dans la transmission de la mémoire et la réparation symbolique. Une conférence de Marc Barani et la participation de Philippe Prost au jury viennent compléter cette expérience.

🔗 Informations et inscription

Un catalogue paraîtra à l’ouverture de l’exposition, prolongeant et enrichissant les contenus présentés.

Archiscopie, « Guerre et paysage », n°43, juin 2026, en vente à la librairie de la Cité

Venue

1 place du Trocadéro, 75016 Paris, France

Cité de l'architecture et du patrimoine - Palais de Chaillot

1 place du Trocadéro, 75016 Paris, France